Chapell Hill - 19 novembre 2007
© Photo Tom Hurley
photo eric-vincent.com
G. Moustaki, Xavier Lacouture, Eric Vincent et Zao
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Eric Vincent, Bernard Haller et G. Moustaki
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CD "Survol"
Pochette G. Moustaki
"C'est comme ça"
ed. Valette-Valette
1989
"L'or de l'instant" Cd Ed. Pluriel
⇒ Croquis de Moustaki
© Photo Ouest France
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Par Eric VINCENT (Artiste)
Propos recueillis par Chantal Savenier, le vendredi 27 mars 2009 et complétés le lundi 30 Mars 2009.
Bonjour. Alors que je faisais des recherches pour mon livre, j’ai découvert un article sur Georges Moustaki écrit par un certain Eric Vincent. Etes-vous l’Eric Vincent de Salut les copains ?
Eric VINCENT : « Non c’est l’autre ! »
En 2006, vous étiez avec Georges Moustaki, les invités d’une émission radiophonique. Et à cette occasion il disait de vous, qu’il « fallait vous aimer pour votre gentillesse qui dure »
et j’avais trouvé cela très beau. Et aujourd’hui j’aurais envie de vous retourner la question, pourquoi faut-il aimer Georges Moustaki ? Vous me répondez quoi ?
Eric VINCENT : « Eh bien écoutez, je vais vous faire la même réponse ! C’est un ami, mais, même avec les autres, avec ceux qu’il rencontre pour la première fois, Georges est toujours attentif, attentif à l’humain. Il a une disponibilité exceptionnelle. Nous nous connaissons depuis très, très longtemps. On s’est rencontré quand j’étais jeune chanteur et que je passais au Port du Salut, rue Saint-Jacques. Georges s’y était d’ailleurs produit avant moi. Il y revenait de temps à autre voir un de ses amis : Jean-Pierre Maury. Jean-Pierre faisait des masques, moulait dans le plâtre les visages et autres parties de l’anatomie de nombreux artistes et autres personnages de la nuit, au I° étage du cabaret. Georges y venait donc fréquemment rendre visite à son ami et jouer aux échecs avec lui. Moi, j’ai commencé « le Port du Salut » en 1973, avec la chance, toute cette année là, de partager l’affiche avec Coluche dont je garde un grand souvenir. C’est donc là, dans l’atelier de Maury, que j’ai revu Georges régulièrement. Nous nous étions rencontrés une première fois, dans un spectacle-débat avec José Arthur où l’on se produisait, en Mai 68 à Rennes.
Quand je l’ai retrouvé au « Port », Jo était passé de l’auteur de « Milord » à la vedette du « Métèque », et, malgré cette immense popularité, J’ai retrouvé sa formidable simplicité et une disponibilité, une ouverture, une écoute des autres, qui le distinguait de la plupart de ses confrères. C’était tout à fait étonnant !
Je l’ai toujours connu avec ces qualités qui sont tellement rares dans le monde du show-business et cela contribue à en faire un être attachant et plein de charme. »
Sur votre site, j’ai lu que cette année vous vous produisiez au Brésil, aux Etats-Unis et aux Caraïbes. Et sur le site de Jean Nicolas Lefilleul (Turquie), j’ai pu lire également
que vous étiez « l’idole des campus universitaires ». Pourquoi ne chantez-vous pas en France ? Pourtant vous défendez la langue Française, un peu comme Georges Moustaki qui a choisi cette
langue, alors que ce n’était pas la sienne.
Eric VINCENT : « Oui cela m’impressionne cette maîtrise de la langue et de la poésie de l’enfant d’Alexandrie. Georges est très exigeant. Il est très pointilleux sur les mots. Pour ce qui me concerne, j’ai chanté beaucoup en France entre les années 70 et 80. J’ai fait tous les cabarets de chansons de Paris et de province, j’étais dans tous les coups. J’avais cependant déjà commencé à tourner dans le monde… l’envie de passer de l’autre côté de la rivière et d’aller voir ailleurs. A chaque retour de tournée je retrouvais mes cabarets, ces hauts lieux/petits lieux de la chanson »petits par la taille, grands par ce qui s’y passait : le Port du Salut, le Tire Bouchon, L’échelle de Jacob etc… J’en faisais, parfois, trois le même soir, avec une cour de « fans » qui me suivaient quelquefois d’un lieu à l’autre, jusqu’au jour où j’ai eu le sentiment de tourner en rond dans un canal circulaire et d’avoir fait le tour de la question..
Mais, en fait, ça ne bougeait pas sur le plan médiatique. En dehors de quelques émissions qui m’ont ouvert leurs portes comme, à la télévision, « Le Grand Echiquier » de Jacques Chancel où à la radio l’émission de Jean-Louis Foulquier ou encore le « Pop club » de José Arthur où j’étais souvent invité, il ne se passait pas grand chose . Je me souviens qu’à l’époque, je redoutais de finir comme mes copains Fanon et Debronckart, qui étaient bien sûr mes aînés et qui malgré leur immense talent végétaient dans « nos » cabarets. C’est donc fin 79 suite à un premier concert à Providence, Rhode Island (USA) que l’agent de mon copain Jacques Yvart, séduit par ma prestation a décidé d’organiser ma première grande tournée aux Etats-Unis.
Ce fut un succès, et j’ai signé, depuis, chaque année, de un à deux mois de tournée au pays de l’Oncle Sam. C’est également ce qui m’a décidé , dès 1980 à arrêter les cabarets et à mettre toute mon énergie dans les tournées dans le monde, ce qui ne veut pas dire que je refuse de chanter en France. J’enregistre d’ailleurs régulièrement des disques que nous tentons, tant bien que mal, de promouvoir, escomptant un succès qui me permettrait, peut être, de chanter dans l’hexagone. »
Quand vous vous rencontrez avec Georges Moustaki, échangez-vous des idées artistiques ?
Eric VINCENT : « Oui, on est très proche. Nous parlons de quantité de choses mais la chanson est toujours présente. Nous allons d’ailleurs je pense, écrire quelque chose ensemble. »
Une nouvelle chanson ?
Eric VINCENT : « Georges m’a poussé à écrire ces dernières années où je m’étais mis un peu en jachère. Il me bousculait sans cesse « écris des chansons… ».
Je me suis remis en selle, l’été dernier… Plusieurs chansons composées d’un coup et complimentées par Jo, cela suffit pour vous redonner du courage à l’ouvrage. Résultat, je pense entrer, à nouveau, en studio, très prochainement. J’ai gardé un texte pour Georges, pour qu’il me compose la musique. Cela scellera notre amitié autour d’une chanson.
»
Vous avez donc déjà travaillé musicalement ensemble ?
Eric VINCENT : « Des petites choses comme ça oui, mais qui en fait n’ont pas été concrétisées. »
Vous avez quand même travaillé avec lui et avec sa fille. Avec lui c’était…
Eric VINCENT : « Vous savez que j’ai travaillé avec Pia ! Mais vous savez tout ! »
J’essaye quand même de me documenter, un petit peu ! Vous avez travaillé avec Pia et vous avez écrit une chanson sur un vieux langoustier ; C’est cela ?
Eric VINCENT : « Exact, Pia qui habitait St Malo, avait rencontré à Paimpol quelqu’un qui se trouvait être de mes amis, et qui était propriétaire d’un
bateau magnifique « Fleur des ondes ». Un jour, elle est arrivée chez moi avec un texte qu’elle avait écrit sur « Fleur des ondes » pour que j’en compose la musique… La chanson
est née et elle fera partie de l’album à venir. »
Par contre Georges vous a fait une pochette de disque ?
Eric VINCENT : « Oui, il y a quatre ans, pour un album de reprise de plusieurs de mes titres, que j’ai parfois rechantés ou parfois réorchestrés, et intitulé « Survol », j’ai demandé à Jo qui a une passion pour la peinture et dont j’aime beaucoup l’oeuvre, de me faire la pochette.»
J’ai lu aussi que vous jouez ensemble au ping-pong et aux échecs?
Eric VINCENT : « C’est ça, vous savez tout ! »
De même j’ai pris connaissance, que vos textes et que ceux de Georges servaient parfois à enseigner le Français. Vous êtes donc tous les deux dans des manuels scolaires ?
Eric VINCENT : « Oui, nous nous sommes d’ailleurs retrouvés sur une même édition qui s’appelle « C’est comme ça » de Valette and Valette, auteurs célèbres aux Etats-Unis de manuels scolaires pour l’enseignement du Français. Cela a été la première édition qui m’a publié aux Etats-Unis, en 1987. Ce livre, est composé de dossiers sur différents sujets, chacun se terminant par une rencontre avec un écrivain, un acteur ou un chanteur … Les deux chanteurs sont donc Georges Moustaki et Eric Vincent et nous sommes en très bonne compagnie, entourés de Simone de Beauvoir, Albert Camus, Saint-Exupéry, Jean-paul Sartre, Gérard Depardieu... »
Qu’est ce que cela fait de se retrouver dans ces livres et de penser que des élèves apprennent le français en étudiant vos textes ?
Eric VINCENT : « C’est gratifiant et étonnant au début! Après on s’habitue. Il y a eu aux Etats-Unis trois autres éditions qui m’ont publié.
L’un de ces livres comportait des travaux sur sept chansons françaises : six chansons d’Eric Vincent et la septième était « La marseillaise » ! (Rires)
Étonnant non ? Mais trêve d’autosatisfaction, c’est simplement formidable pour moi qui fais beaucoup de concerts organisés par les départements de langues dans les universités où beaucoup de jeunes travaillent sur mes chansons et me connaissent grâce à cela.
»
Pour terminer Eric Vincent, s’il y avait un seul mot pour résumer Georges Moustaki, vous me diriez ?
Eric VINCENT : « L’amour ! Mais ça ne se résume pas à un mot pour Georges ! Liberté c’est un mot qui lui va bien. C’est quelqu’un qui a un grand respect de la liberté des autres et qui aussi préserve la sienne. »
Merci Eric Vincent pour vos Paroles & Mots chargés de délicatesse et d’attachement à votre ami Jo. Merci aussi pour votre disponibilité et votre gentillesse que vous avez eues,
et qui ont duré au-delà de l’entretien ! Mais dites-moi, ne ressembleriez-vous pas étrangement à cet ami qui s’appelle Moustaki ?
Son Site
FLEUR DES ONDES
Paroles Pia Moustaki et Eric Vincent – Musique Eric Vincent
Refrain
A peine on arrive sur le pont
Son Capitaine donne le ton
Bienvenue, Hiermad, et une chanson
C’est la magie de « Fleur des Ondes »
Qui vous propose le bout du monde
Et vous embarque en une seconde
C’est que la fleur a de bonnes ondes
Elle est de l’année cinquante trois
Faite à Primel toute de bois
C’est un’ des plus grandes fleurs du monde
Coquelicot sur l’horizon
Ell’ fend la vague tout’s voiles dehors
Plus de langoustes en cargaison
Mais certains s’en souviennent encor’
Au refrain…
Par temps calme ou mer démontée
Elle a connu toutes les marées
Des îles Chausey à Guernesey
Elle en a tant à raconter
A fleur de peau c’est l’équipage
A l’attention toute en éveil
A Fleur des Ondes c’est le partage
L’humanité le grand soleil
Au refrain…
Paimpol a ouvert ses troquets
Des gosses jouent sur la jetée
La Grand’voile est repliée
Quand ell’ s’amarre le long du quai
Les retrouvailles et les familles
Captain’ Bertrand toujours content
Ses yeux qui brillent comme des billes
C’est le grand frère des enfants
Refrain…
A peine on arrive sur le pont
Son Capitaine donne le ton
Bienvenue, Hiermad, et une chanson
C’est la magie de « Fleur des Ondes »
Qui vous propose le bout du monde
Et vous embarque en une seconde … (reprise ad lib…)
L'au revoir de « la Fleur des ondes » - Côtes-d'Armor
mercredi 23 juillet 2008
Avant de laisser partir son vieux gréement, Bertrand de Vautibau, il offre un concert jeudi 24.
Les Paimpolais connaissent bien la silhouette du vieux langoustier. La Fleur des ondes, bateau en chêne construit en 1953 à Primel par le chantier Rolland (qui existe toujours), a longtemps été
armée à la langouste, à Mogueriec. Puis la fleur est arrivée à Loguivy-de-la-Mer dans les années 1980. A échappé à la destruction grâce à une association paimpolaise. En 1999, Bertrand de
Vautibault la rachète, la retape, la transforme en bateau de loisir. Aujourd'hui, pour raisons de santé, il a été contraint de la vendre. On lui dira au revoir, en musique, ce jeudi.
« C'est un sabot, sourit Bertrand de Vautibault. Il est rond, il ne remonte pas au vent. C'est un fifty : voile et moteur. Construit en 1953, il n'a jamais été un voilier pur. Je l'ai
amélioré en ajoutant un bout dehors, sans lequel il n'est pas manoeuvrant. Il a maintenant trois voiles d'avant. Mais je fais comme les anciens : au portant seulement, je coupe le moteur. »
Bertrand de Vautibault est amoureux des bateaux. « J'ai vécu plus de quinze ans sur une péniche à Paris. Pendant dix ans, j'ai eu une société de vente de bateaux d'habitation. Des péniches
hollandaises. Quand j'ai vendu la dernière, j'ai acheté une maison à Paimpol. Pour la fleur, je n'ai jamais touché un centime de subvention. Oui, c'est ma danseuse ! J'ai d'ailleurs une femme
qui n'apprécie pas beaucoup cette danseuse... »
Avec la fleur, il a participé à tous les rassemblements maritimes, les fêtes de Brest, de Douarnenez. Toujours des navigations côtières. « Ce n'est pas un bateau équipé pour le large.
Et, ce que j'aime, c'est partir d'un port et arriver dans un autre. Pas la régate, ni la navigation hauturière. »
La Fleur des ondes a beaucoup servi comme bateau-scène. Pia Moustaki, la fille de Georges, a même écrit une chanson : « Fleur des ondes. Ce bateau a une âme, des ondes positives.
À la fête du chant de marin, à Douarnenez, à la fête de la morue à Binic, j'ai rencontré plein d'artistes. C'est un bateau convivial, qui a été retapé avec beaucoup de bénévoles.
Beaucoup d'amis. »
Tous ces amis, et les amis des amis, et les simples passants sont conviés au concert, jeudi soir. Le lendemain, l a fleur partira vers Saint-Malo pour de nouvelles aventures.
« J'ai mis trois conditions à la vente, explique Bertrand de Vautibault. Qu'elle garde son nom. Qu'elle reste immatriculée à Paimpol. Et qu'elle revienne pour le festival du chant de marin. »
Source: Anne KIESEL - Ouest France
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